Présentation

La Martinique est une petite île située dans l’archipel des Caraïbes près du continent américain.

La Martinique c’est environ 400.000 habitants et 1105 km².

La monnaie est l’euro.

La Martinique est française depuis 1635 et est un département français depuis 1946.

Deux langues y sont parlées : le français et le créole, une langue locale héritée de la période esclavagiste.

La température moyenne est de 30°c toute l’année.

Géographie de la Martinique

Située au cœur de l’archipel Caraïbe, la Martinique fait partie des petites Antilles. Elle se situe à 7500 Km de Paris, 800 km du Venezuela et seulement 120 km de son ile sœur, la Guadeloupe.

La Martinique couvre une superficie de 1080 km2 soit les 2/3 de la Guadeloupe. Elle s’étend sur 80 km en longueur et 39 km dans sa plus grande largeur.
L’île se découpe en 3 zones géographiques : le nord, le centre et le sud.

Au nord, la végétation est tropicale et le relief est tourmenté. Le morne Jacob (884m), les pitons du Carbet (1196m) et la montagne Pelée (1397m) donnent naissance à de nombreuses rivières dévalant dans les gorges et les ravines.

Au centre, la grande plaine du Lamentin abrite les deux grandes villes de Fort de France et du Lamentin (aéroport) regroupant près d’un tiers de la population de l’île et constituant la plus importante zone industrielle

Au sud, le relief est composé de petites collines appelées  » mornes « . Sur la côte, les superbes plages de sable blanc donnent sur des eaux cristallines et s’enchaînent de baies en anses. La région du sud est très sèche contrairement à celle du nord qui est humide et très boisée.

Le climat

Du fait des différences de relief, la Martinique peut être séparée en deux zones par un axe Le Lamentin-Trinité : la zone située au sud de cette ligne peu accidentée est relativement sèche et fortement ensoleillée alors que celle du Nord dispose d’une pluviométrie très importante à l’exception d’une étroite bande côtière sous le vent.
D’un point de vue général, le climat de la Martinique, de type tropical maritime est caractérisé par la douceur des températures et une excellente ventilation rythmée par l’alizé, vent régulier procurant souvent une sensation de confort malgré une forte humidité quasi-permanente. Ces deux éléments constituent les principaux atouts offerts au secteur agricole martiniquais.

Deux saisons rythment les activités au sein de l’île : le Carême ou la saison sèche et l’hivernage ou saison des pluies.

Le Carême débute en février et s’achève en avril. C’est à cette période que le ciel est le plus dégagé et le soleil plus haut. Elle comporte une période particulièrement sèche dite « de grande sécheresse » caractérisée par un ensoleillement maximal.

Malgré le temps sec et ensoleillé qui rythme cette saison, les averses restent fréquentes mais brèves et peu intenses. L’alizé est régulier et soutenu durant cette période de l’année. La température moyenne est de 25° au cours de ces quelques mois.

L’hivernage débute en mi-juin et s’achève en novembre. Les pluies y sont intenses et durables mais séparées par quelques périodes de beau temps chaud, peu ventilées par l’alizé et très humide.

La flore

Les indiens Caraïbes appelaient la Martinique « Madinina », traduit littéralement par « l’île aux belles fleurs »…

C’est dire si la flore Martiniquaise est riche et colorée !

On dénombre en effet plusieurs centaines de fleurs en Martinique. Parmi celles-ci, vous apprécierez l’hibiscus, symbole de la Martinique – il en existe de toutes les formes et de toutes les couleurs, et on en trouve dans tous les jardins – les oiseaux du paradis, les Alpinias, les Bougainvilliers, les Roses de Porcelaine, les Reines de Malaisie, les Berceaux de Moïse, les Anthuriums…

La Martinique abrite également plus de 2000 espèces d’arbres, soit bien plus que dans l’Europe toute entière !

Le littoral du sud de l’île et les bords de plage sont peuplés d’arbres nécessitant peu d’eau : le mancenillier, le raisinier, le poirier, le gommier et le cocotier.

Les mancenilliers sont des arbres dont il faut se méfier car leur sève provoque de très douloureuses brûlures (ils sont la plupart du temps signalés par un trait de peinture rouge sur leur tronc afin que chacun puisse aisément les identifier). A l’intérieur des terres, vous trouverez également les fameux « flamboyants » qui offrent un spectacle magnifique au printemps.

Au nord de la Martinique, la forêt tropicale offre une végétation luxuriante composée, entre autres, de gigantesques bambous, de fougères géantes ou de fromagers pouvant atteindre 40 m de haut.

Autre attraction végétale de la Martinique : la mangrove. Il s’agit d’une forêt littorale qui baigne les pieds dans l’eau. Les espèces qui s’y développent doivent tolérer un milieu salé et pauvre en dioxygène. La mangrove martiniquaise est présente essentiellement dans la partie centre et sud de l’île, notamment dans la baie de Fort-de-France, mais également au fond des baies calmes et peu profondes de la côte sud atlantique. Il est intéressant de la visiter en canoë.

La faune

Alors que la faune aquatique en Martinique est extrêmement dense, la faune terrestre est aujourd’hui moins riche et moins diversifiée. Il n’existe pas d’animaux terrestres de grande taille en Martinique. Beaucoup d’espèces ont disparues ou sont en voie de disparition, principalement à cause de l’homme et de l’importation, volontaire ou non, d’autres animaux. Toutefois de nombreux animaux sont endémiques des Antilles ou même de la seule île de Martinique.

L’animal symbolique de la Martinique est le colibri. Il s’agit du plus petit oiseau du monde butinant le nectar des fleurs en vol stationnaire et passant de fleurs en fleurs avec une rapidité étonnante. Avec un peu d’attention, vous pourrez aisément en observer.

Il existe en Martinique deux espèces d’iguanes : L’iguane des petites Antilles, rare et protégée, est facilement observable sur l’îlet Chancel, au large de la commune du Robert. Sa taille peut atteindre jusqu’à 1m50. L’iguane commun est plus gros, meilleur prédateur, il tend à prendre le pas sur l’iguane antillais. Il est présent particulièrement autour du Fort St Louis mais, caché dans les feuillages, il reste assez difficile à observer.

De très nombreuses espèces de crabes sont présentes à proximité des plages Martiniquaises et vous ne manquerez pas de les observer, notamment le très beau « Touloulou » rouge qui se trouve presque partout.

La migale Matoutou que l’on rencontre souvent lors des randonnées dans le nord n’est pas vraiment dangereuse. Le seul animal dangereux de l’île est un serpent : Le trigonocéphale (antidote dans toutes les pharmacies Martiniquaises). Il a cependant quasiment disparu de Martinique suite à l’introduction des mangoustes.

Cuisine

Diversifiée, épicée, chaleureuse, aux origines les plus lointaines, d’Afrique, d’Europe, d’Inde…., la cuisine créole est riche et présente un melting-pot de saveur. Entre terre et mer les fruits, légumes, poissons et autres crustacés peuvent être préparés de multiples façons. Vous trouverez un très grand choix de tables au combien sympathiques et surtout très chaleureuses.

Les épices tel que la cannelle, le colombo, les piments oiseaux ou encore les clous de girofle provoqueront une explosion de saveur sur votre palet. La cuisine créole est la cuisine du métissage. L’association du raffinement, de la gastronomie et du savoir-faire sont en tout point idéal pour un plat créole bien réussi. Les cordons bleu martiniquais attachent un très grand soin à la sélection des produits au marché ainsi qu’à la confection des plats. Certains peuvent mijoter pendant des heures pour un résultat qui peut être parfois surprenant.

Aux saveurs quotidiennes des antillais – blaff de poisson, colombo de poulet, gratin de christophines et tant d’autres -, s’ajoutent les mets du moment. En effet les coutumes de l’année rythment les sifflements des cocotes.

La fricassée de coq du jour de l’an, accompagnée de son gratin d’igname amorce l’année en beauté. Puis viennent peu de temps après les beignets du carnaval au cours du mois de février.

Pâques est la saison des crabes cuisinés sous forme de «Matoutou » que l’on consomme le plus souvent à la plage.

Le mois de juin, période des fêtes familiales, pousse à consommer le traditionnel pain au beurre chocolat et le célèbre pâté en pot. L’arrivée des vacances et le début de la saison des avocats laissent place au féroce d’avocat qui se prépare à l’aide de morue grillé, de farine de manioc et bien évidement d’avocats bien mûr.

Durant les « grandes vacances » on se régale de « trempages », repas rustiques composés de pain mouillé, d’épices, de viandes, de poissons ou de crustacés disposés sur des feuilles de bananier et que l’on mange avec les mains. Les mois de septembre et octobre sont quant à eux beaucoup moins marqué par des spécialités culinaires.

Enfin décembre, le Jambon de noël glacé au sucre de canne et accompagné de sa confiture d’ananas ainsi que le ragout de cochon, ses pois d’angole et son igname sauvage qui côtoient le bon boudin créole dans les assiettes de tous les martiniquais.

Fruits et légumes de la Martinique

Tradition et culture en Martinique

La cuisine martiniquaise est incontestablement l’une des principales richesses de la culture martiniquaise. La viande cuite avec des épices locales, les légumes du pays cuisinés plusieurs fois par semaine, les mélanges issus de différentes cultures raviront à coup sûr votre palais. Il serait évidemment fort dommageable de visiter l’île sans fréquenter ses nombreux restaurants et goûter à ses fruits exotiques et ses légumes locaux.

La culture martiniquaise est très colorée, que ce soit dans l’habillement où les couleurs sont prisées ou les marchés très colorés par les différents fruits et légumes frais vendus sur les étalages. Ainsi le grand marché de Fort-de-France et son ambiance animée par les interpellations des marchandes et des clients sont un lieu stratégique pour admirer au plus près la vie animée martiniquaise.

Autre loisir très prisé et de loin l’événement de l’année en Martinique, c’est le Tour des Yoles. Passionné par la mer, le martiniquais apprécie fortement la pêche et au fil de l’année, ces courses que se livraient les pêcheurs à bords de leur embarcation, des yoles en bois, vont se structurer au point de devenir incontournables. Organisées fin juillet-début août, les plages des étapes sont prises d’assaut dès l’aube pour avoir les meilleures places.

Les activités

Le nautisme

La Martinique est le point de départ privilégié pour découvrir à la voile les magnifiques îles alentours aux noms évocateurs : Les Grenadines, Saint Vincent, La Barbade, Grenade…

Des centaines d’îles et petits îlots, parfois déserts, sont aisément accessibles depuis la Martinique en quelques heures ou quelques jours de navigation selon le temps.

Yole et gommiers

Inspirés des pirogues caraïbes, les yoles et gommiers sont les voiliers traditionnels auxquels les Martiniquais sont très attachés.

Pour contrer la gite, les marins se positionnent sur les bois-dressés (de grandes cannes en bois) à l’extérieur de l’embarcation et, sans dérive, la navigation en yole est plutôt sportive !

La Plongée sous-marine

La plongée sous-marine est une activité très développée en Martinique comme en témoigne le nombre de club. L’eau est claire et à la bonne température toute l’année, les poissons abondent et les fonds marins sont splendides. Les rencontres avec les tortues ne sont pas rares !

Le surf

La Martinique offre quelques spots qui pourront satisfaire les surfeurs les plus expérimentés. De novembre à mars, la houle du nord – nord-ouest peut parfois générer régulièrement des creux de plus de 2 mètres.

Les principaux spots se situent sur la presqu’île de la Caravelle et au nord de l’île, entre Prêcheur et Grand Rivière.

Le Kayak

Le kayak est très adapté pour découvrir certains lieux des côtes martiniquaises difficilement accessibles. En kayak, vous pourrez aisément partir explorer la mangrove (forêt amphibie où les arbres plongent leurs grandes racines directement dans l’eau salée) ou les îlets coralliens de la côte atlantique.

Le scooter des mers

C’est un moyen très ludique de découvrir la côte caraïbe de la Martinique. Outre le « fun » de l’activité, les randonnées en scooter des mers permettent réellement d’accéder à des sites magnifiques tout le long de la côte.

La Pêche au gros

Compte tenu de la richesse des eaux caribéennes, c’est l’une des activités appréciées de la Martinique : Bonites, Thazars, Marlins, Espadons…

La randonnée

Terre de randonnées, la Martinique accueille 30 sentiers et parcours de randonnée balisés par l’Office National des Forêt.

Selon votre niveau et en fonction des paysages que vous souhaitez découvrir, de multiples possibilités s’offrent à vous : Montagne, volcan, forêt tropicale, côtes sableuses… de nombreux itinéraires, répartis sur près de 200 km de sentiers, vous permettront de mieux connaitre la Martinique et la diversité de ces paysages naturels.

Plusieurs organisations proposent des randonnées organisées avec des guides de moyenne montagne. Outre la sécurité, ces guides partageront avec vous la connaissance approfondie qu’ils ont de la Martinique, de sa flore, de sa faune, de sa géologie, de son histoire et de sa culture. L’équipement de randonnée pour la Martinique :

  • Des chaussures fermées légères de randonnée d’été

  • Du linge de rechange dans un sac étanche,

  • Un chapeau/ une casquette

  • Un vêtement de protection contre la pluie

  • Au minimum 2 l d’eau par personne

  • De la crème solaire

La Trace des Caps

Elle vous permettra en 8 à 12 h de marche de parcourir l’ensemble de la presqu’île Sainte-Annaise à l’extrême sud de l’île.

Vous passerez ainsi de la mer des Caraïbes à l’océan Atlantique tout en traversant certains sites balnéaires majeurs de Martinique (Anse Caritan, Salines, Anse Michel, Cap Macré, Petite Anse Macabou).

Ce sentier de 33 km peut également se faire « en tranches » puisque son tracé a été découpé en cinq portions présentant chacune des attraits bien particuliers : plages fréquentées et sauvages, espaces boisés et découverts voire désertiques, relief accidenté et points de vue exceptionnels.

Le parcours est fortement exposé au soleil

Longueur: 33 Km

Durée: 8 à 12h

Dénivelé positif cumulé: 400 m

Niveau (de 1 à 5): 2

Le sentier Prêcheur-Grand Rivière

Ce sentier vous propose une immersion totale en forêt tropicale avec de magnifiques points de vue sur la mer des Caraïbes et l’île de La Dominique. Long d’une quinzaine de kilomètres, il emprunte l’ancien chemin départemental qui permettait « an tan lontan » la liaison des habitations du Prêcheur et de Grand-Rivière « an cabroué bœufs ».

Cette promenade, c’est aussi la découverte des types de forêt sèche à humide (du littoral vers l’intérieur) peuplée d’une flore variée (châtaigniers, bois-rivières, bois-canons, gommiers-rouges, lianes, bambous, fromagers, fleurs tropicales…), d’anses encore sauvages de la côte Caraïbe.

Longueur: 14 Km

Durée: 5 à 7h

Dénivelé positif cumulé: 780 m

Niveau (de 1 à 5): 3

La Trace des Jésuites

Situé entre Marigot et le Morne Rouge, ce sentier de 5 km vous permettra aisément de découvrir les principales espèces végétales spécifiques du biotope forestier très particulier qu’est la forêt tropicale humide (« rain forest » des anglo-saxons).

De nombreux arbres géants couverts de lianes (gommiers-blancs, châtaigniers, bois-rivières , bois-côtes, magnolias…) agrémentent le chemin.

Longueur: 5,5 Km

Durée: 2h30 à 3h30

Dénivelé positif cumulé: 300 m

Niveau (de 1 à 5): 2

La Montagne Pelée par l’Aileron

La Montagne pelée domine la Martinique avec son sommet à 1397 m.

Le sentier très fréquenté part du 1er refuge (13 Km au nord-est de Saint Pierre) et vous mène d’abord jusqu’à l’Aileron à 1107m, d’où l’on jouit d’un splendide point de vue.

Vous pourrez ensuite rejoindre le sommet du volcan jusqu’au cratère.

Longueur: 7 Km

Durée: 3 à 5h

Dénivelé positif cumulé: 600 m

Niveau (de 1 à 5): 3

Canal du Beauregard

Cette randonnée suit le cours d’un ancien petit canal d’irrigation construit par des esclaves vers 1770, (d’où son surnom de Canal des Esclaves) pour approvisionner en eau les habitations du Carbet et de Saint-Pierre.

Cette balade est une très bonne introduction à la découverte du nord de la Martinique, de ses reliefs et de sa végétation tropicale.

Tout le long du parcours, vous marcherez sur l’étroit muret qui borde le canal. La forêt est majestueuse. Vous croiserez des Fromagers géants, des massifs de bambous, des fougères arborescentes, des fleurs tropicales….

A certains endroits, le canal offre des vues vertigineuses sur les mornes avoisinants.

Longueur: 3,5 Km

Durée: 1h30 à 2h

Dénivelé positif cumulé: 20 m

Niveau (de 1 à 5): 1

Le Canyoning

Le nord de la Martinique offre de nombreux itinéraires de canyoning grâce à son relief accidenté et riche en rivière. Rappels sur les parois rocheuses, baignades, glissades et sauts dans les vasques des rivières…

Le VTT et le vélo

Le vélo est un sport très pratiqué par les martiniquais, malgré la chaleur et l’humidité, de plus en plus de valeureux touristes optent pour le VTT afin de découvrir les sentiers de Martinique.

Quelques expressions créoles utiles ou amusantes

Ajoupa : Cabane en feuillage

Bakwa : Chapeau, couvre-chef local

Bigin : danse traditionnelle

Carbet : Case centrale dans les villages des indiens caraïbes. Aujourd’hui, terme employé pour désigner un abri, une tonnelle dans un jardin.

Chaben, chabine : garçon ou fille de teint clair cheveux crépus ou frisés

Vocabulaires créoles

An nou alé Allons y

Awa non

Ba mwen sa donne moi ça

Bagay la cho c’est chaud

Bel bonjou/ kontan wè zot bienvenue

Ka fè cho il fait chaud

Moli on reste cool

Mwen lé/ mwen pa lé Je veux/je ne veux pas

Pa ni pwoblem/pa ni tjak Pas de souci

Sa ka maché ça va bien

Sa ou fè comment ça va

Histoire

Les premiers peuples issus du plateau des Guyanes seraient arrivés en Martinique vers 5000 avant J.C. sans se sédentariser. Environ un siècle avant l’ère chrétienne, les Arawaks (ou Taïno) s’installent réellement en Martinique et s’en font chasser prêt de 1000 ans plus tard par de farouches guerriers, les Indiens Caraïbes.

En 1502, Christophe Colomb débarque en Martinique (Matinino ou Madinina), mais aucun européen ne s’y installe.

L’Espagne, premier pays européen à s’être lancé dans l’entreprise coloniale ne réussit pas à s’emparer des petites Antilles. Elle subissait en effet une résistance menée par les Caraïbes sous forme de guérilla (c’est la raison pour laquelle on ne parle pas espagnol aux petites Antilles).

Cependant ces guerres à répétition finirent par affaiblir les Caraïbes, laissant le champ libre aux nouveaux empires coloniaux : La France, l’Angleterre, la Hollande et le Danemark.

En 1635, sous la direction du corsaire Pierre Belain d’ESNAMBUC, les Français débarquent à l’anse du Carbet sur la côte caraïbe. Jacques DYEL du PARQUET (1606 -1658), deuxième Gouverneur et lieutenant général de la Martinique, décide en 1639 de partager l’île en deux : le domaine des Caraïbes sur la partie orientale-atlantique, le domaine des français sur la partie occidentale-caraïbe. La cohabitation parfois difficile entre Caraïbes et Français, dure jusqu’en 1658. Lors d’une ultime guerre, les indiens Caraïbes de Martinique sont exterminés. Une extrême minorité fuit vers d’autres îles telles que Saint-Vincent et les Grenadines grâce à la solidarité inter-île des indiens Caraïbes. La puissance coloniale s’empare ainsi de la partie orientale-atlantique. Il existe encore des tribus amérindiennes sur les îles avoisinant la Martinique telles que la Dominique et Saint-Vincent.

Dès 1639, les Français commencent à cultiver la canne à sucre, mais face au climat tropical, à la dureté de la tâche, et à une sensibilité aux maladies locales, ils doivent trouver un autre moyen de travailler la terre.

Ainsi, sous l’impulsion du cardinal Richelieu, la traite des Noirs et leur mise en esclavage débute en 1642. Les conditions d’esclavage des Noirs étaient extrêmement pénibles. Dès 1666, des nèg mawon (marrons ; d’où provient le terme « marronage » qui signifie : fuite hors des habitations) s’était déjà rebellés. Colbert estime que la colonie doit servir les intérêts de la métropole. Il légalise la traite des Noirs en 1670 et établit le Code Noir en 1685. C’est durant cette période que s’est mis en place un système appelé le commerce triangulaire : les bateaux partent de ports négriers métropolitains – Nantes, Bordeaux, La Rochelle… – pour rejoindre les côtes de l’Afrique occidentale. Les biens manufacturés sont échangés contre des nègres – A cette époque, les noirs esclaves sont considérés comme des marchandises – Chargés de futurs esclaves, les bateaux négriers reprennent leur route pour se rendre aux Caraïbes. Les pertes sont importantes durant les traversés (entre 45 et 50% au total), principalement dues aux conditions de stockage des esclaves dans les cales des bateaux négriers… A l’arrivée, les Nègres sont mis à la disposition du pouvoir colonial en échange des produits de l’industrie latifundiaires (les habitations sucrières produisent de la canne et la transforme en sucre). Le troisième voyage débute alors, cap sur le point de départ : les ports négriers métropolitains. La boucle est bouclée.

La société esclavagiste se construit ainsi pendant environ 200 ans. Les tensions ne cessent d’exister durant cette période. On peut citer les soulèvements d’esclaves en Martinique en 1678, 1699, 1710 (notons qu’ils arrivent souvent à des périodes relativement proches sur les différentes îles ; lorsque la bruit d’une révolte sur une autre île court…). Les békés(1) se rebellent également en 1717 lors de la révolte du Gaoulé(2).

La Martinique a été occupée par les anglais de 1762 à 1763, puis de 1794 à 1802. En 1794, alors que la Convention avait aboli l’esclavage, les anglais l’ont rétabli. Bonaparte en récupérant l’ile par le Traité d’Amiens en 1802 ne change pas la situation…

Sous l’empire donc, le commerce continue. Le sucre de canne est mis en concurrence avec le sucre de betterave. Les terres moins fertiles et les îles perdant leur monopole, deviennent moins rentables. La part des esclaves natifs de l’île (esclaves créoles) s’agrandit tandis que celles des esclaves amenés directement d’Afrique (esclaves bossales) diminue. Les soulèvements tels que la révolte des esclaves du Carbet en 1822 continuent. Haïti se libère du jouc colonial et prend son indépendance en 1804. La France reconnaît cette indépendance en 1825. Le mouvement abolitionniste prend de l’ampleur en métropole, notamment lors de la pétition des ouvriers de Paris en 1844 demandant l’abolition immédiate.

L’esclavage est aboli pour la seconde fois en avril 1848 grâce au soulèvement décisif des esclaves partis du Prêcheur (commune du nord Caraïbe) pour descendre vers la capitale Fort Royal. Sous l’impulsion de Victor SCHOELCHER, le décret de l’abolition est préparé. Cependant la pression des esclaves est si forte que l’on déclare leur émancipation immédiate. Décret du 27 Avril 1848 : Victor SCHOLECHER déclare que la politique coloniale française a toujours été la même. Elle est toujours basée sur les principes de la France qui n’admet pas plus aux Antilles que dans la métropole de distinction entre ses enfants, qui leur reconnaît à tous les mêmes droits et leur impose à tous les mêmes devoirs. Le gouvernement de Napoléon III accorde aux anciens propriétaires d’esclaves une indemnité égale au tiers de la valeur de leurs anciens esclaves. Les esclaves ne sont ni aidés, ni indemnisés. [NB : L’esclavage a été reconnu comme crime contre l’humanité par la loi du 10 mai 2001. Cette loi a été portée par Christiane TAUBIRA-DELANON, la députée de la Guyane].

La société post-esclavagiste qui se met alors en place engendre des changements relativement importants en Martinique. Les ex-esclaves deviennent ouvriers ou paysans. On leur propose de rester travailler autour des habitations en les logeant, et en leur procurant un espace pour cultiver leur jardin créole. Les salaires sont ainsi maintenus plus bas. Mais un besoin de main-d’œuvre supplémentaire se fait ressentir. La création de la Banque de la Martinique en 1851 constitue un appel d’air pour cette main d’œuvre, notamment les indiens (souvent appelés kouli encore de nos jours), environs 9 000 africains (appelés Congo à l’époque) et un millier de chinois en provenance de Shang aï et Guangzhou. En 1855 l’Arrêté Gueydon établit une stricte réglementation du travail pour les anciens esclaves.

Les machines-outils ne font leurs apparitions en Martinique qu’à partir de 1862. Il y a eu de fortes insurrections au sud de l’île, en février 1870. Des milliers d’ouvriers se révoltèrent contre le régime qui les oppressait. A cette époque, le travail est obligatoire à partir de 12 ans. A partir de 16 ans, tout individu doit payer des impôts personnels équivalents au salaire de 5 jours. Le gouverneur LAPALIN écrit « La Martinique est une poule aux œufs d’or que la Métropole a tout intérêt à ménager ». Dans ce contexte éclate l’affaire Lubin. Ce dernier est condamné par la justice coloniale, pour ne pas avoir céder sa place assez vite à un béké nommé CODE. Il fut déporté au bagne. Le soulèvement qui fait suite à cette affaire prend naissance à Rivière-Pilote, commune du sud de l’île. Les quelques centaines de personnes se rendent sur l’habitation CODE et l’incendient. On fait alors appels aux troupes pour rétablir l’ordre. Lumina Sophie(3) est une des femmes ayant participé activement à ce soulèvement.

La période qui suit montre d’une volonté politique de participer aux débats nationaux français. La loi du 4 Septembre 1870 stipule que les assemblées parlementaires de la IIIème République comprennent en leur sein des représentants antillais. En 1872, le Conseil vote la gratuité de l’enseignement primaire à la Martinique. Le collège national devient le Lycée de Saint-Pierre. Le 24 Novembre 1874 le Conseil Général de la Martinique formule le vœu suivant : « les habitants de la Martinique et de la Guadeloupe sont Français de droit, de langage, de coutume et de cœur. Il y a donc lieu de les soustraire au régime exceptionnel, et de les faire jouir des lois et de l’administration de la mère-patrie ». Le 7 Décembre 1882, les conseillers généraux demandent que la Martinique soit constituée le plus tôt possible en département français. Le 15 Juillet 1890 les sénateurs Jules Isaac de la Guadeloupe et Vincent Allègre de la Martinique déposent un projet de loi, tendant à classer la Martinique et la Guadeloupe en départements français. Ce projet n’est finalement pas adopté.

La fin du XIXème siècle est marquée par la crise sucrière. Ainsi à partir de 1884, l’immigration indienne cesse petit à petit. En 1900, lors d’une longue grève à l’usine du François, la répression policière est sanglante : 10 ouvriers agricoles y trouvent la mort.

Le 8 mai 1902, l’éruption de la montagne Pelée fit 30 000 morts dans le chef-lieu de l’époque, Saint-Pierre. Une explosion dont le bruit fut entendue jusqu’à Fort-de-France, puis à une coulée de lave qui a recouvert toute la ville de Saint-Pierre, seuls deux personnes survécurent sur les 28.000 habitants que comptaient la ville, Louis-Auguste Cyparis, un prisonnier sauvé par l’épaisseur des murs de son cachot, et Léon Compère-Léandre, un cordonnier qui vivait à la périphérie de la ville.

Fort de France (ex Fort Royal qui prit définitivement le nom de Fort de France en 1848) devint alors la nouvelle capitale économique, politique et intellectuelle de l’île.

A cette époque, les idéologies dites de gauche sont dominantes à la Martinique : Victor SEVERE, radical-socialiste, est maire de Fort de France jusqu’au milieu du XXème siècle (avec de nombreuses interruptions, d’autres hommes étant élus ; il fut également député dans le nord puis dans le sud). Jules MONNEROT fonde le groupe Jean JAURES, mouvement politique marxiste, ainsi que le journal Justice. Marie-Samuel Joseph LAGROSILLIERE, fondateur du mouvement socialiste en Martinique, rejoint le Parti socialiste français en 1910. Il quitte ce dernier en raison de désaccord sur la question de l’assimilation de la Martinique à la métropole. Il dépose quelques années plus tard une proposition de loi en ce sens.

Un sentiment d’appartenance à la mère-patrie s’empare d’une partie de la population. De nombreux martiniquais sont mobilisés au combat en 1914 ; 1600 d’entre eux périrent sur les champs de bataille. Une culture politique, celle de l’assimilation apparaît : il s’agit d’une décolonisation dans l’imaginaire des martiniquais qui voit en cet objectif, un moyen de parvenir à une certaine égalité sociale avec les français de France.

En 1922, une loi limitant l’importation du sucre et du rhum des Antilles est promulgué. Des crises se succèdent dans le secteur sucrier. Elles sont dues à de nombreux facteurs qui influent sur l’offre, et la demande mondiale (guerres donc besoin d’alcool, sucre de betterave, concurrence etc ).

En 1927, le député républicain de New-York, FISH, préconise à la Chambre des Représentants l’achat par les Etats-Unis des possessions européennes dans la Mer des Antilles. Dans le même temps, parmi les étudiants martiniquais partis en France, ce manifeste un intérêt croissant pour les problèmes de leur pays et de l’action anti-impérialiste. C’est dans ce contexte que survient l’affaire ALIKER. L’assassinat du journaliste communiste en 1934, signant ces articles par « l’œil de Moscou », est considéré comme le symbole d’une remise en cause de l’administration coloniale. On célèbre en 1935 le tricentenaire du rattachement des Antilles à la France. De nombreux martiniquais participent par la suite à la Résistance et aux combats pour la libération de la France.

L’amiral Robert, haut-commissaire de la France, rétablit en grande partie l’ordre colonial ancien à la Martinique. Cette période est vécue très difficilement par la population, la France en guerre, est dans l’obligation d’instaurer une politique de restriction. On parle encore aujourd’hui de la dureté de la vie en ces temps : « la vi a té rèd antan Wobè » (la vie était dure au temps de l’amiral Robert).

En 1945, Aimé CESAIRE devient député-maire de la mairie de Fort-de-France. L’un des objets de son mandat est d’obtenir la départementalisation. Celle-ci est, selon lui, une direction prise par mesure d’assainissement, de modernisation, et pour permettre le développement économique et social de la Martinique. Cette dernière devient département français par la loi du 19 mars 1946. La sécurité sociale est instaurée sur l’île un an plus tard.
Le déclin de l’industrie cannière commence durant cette décennie. Cependant le protectionnisme d’après-guerre joue un grand rôle dans l’essor de l’industrie bananière. En effet les quotas assurent aux agriculteurs martiniquais de vendre une certaine quantité de leur production.

Un malaise social se fait ressentir, puisque des émeutes éclatent en 1959. Des militants de l’O.J.A.M. (4) sont arrêtés en 1963. Une forte vague d’émigration suivit au début des années 1960, le BUMIDOM (5) organisant la venue en France d’une partie de la jeunesse martiniquaise à la recherche d’un avenir professionnel autre. En février 1974, la capitale de la Martinique est paralysée par des grèves commencées depuis le 17 janvier. Un protocole de fin de conflit est signé le 19 février suite à la mort de deux hommes et à la blessure d’un gendarme.

Un événement oublié de l’histoire mérite d’être relaté : Robert Saint-Rose, alias Zétwal, veut faire décoller sa fusée propulsée à l’énergie de la poésie « césairienne »!

Un certain apaisement du climat social s’installe lors de la promulgation de la loi de décentralisation de 1982, qui fait du département Martinique une région monodépartementale française. Des compétences nouvelles sont donc attribuées aux élus martiniquais qui se doivent désormais de mettre en place un modèle de développement pour la Martinique.

Un référendum concernant l’évolution institutionnelle de la Martinique est organisé le 7 décembre 2003. L’institution régionale et l’institution départementale fusionneraient en une institution unique. Cette proposition a été rejetée en Martinique à 50.48%. Une autre proposition du même ordre est formulée en 2009.

1)béké : Un béké désigne en Martinique un habitant natif de l’île de phénotype blanc, descendant des premiers colons européens. Les békés constituent un peu moins d’un pour cent de la population locale.

2)Gaoulé : Les blancs sentent qu’on les empêche de prospérer. Avec quelques officiers de Milice, François Samuel Le Vassor de la Touche et Jean Dubuc l’Etang organisent un coup d’Etat. Ils emprisonnent au Diamant le gouverneur et l’intendant en place pour les emmener à Saint-Pierre, où ils les déposent de force dans un navire pour la France. Finalement les deux chefs de files de ce « push » ont été condamnés à mort puis graciés par le roi à la demande du nouveau gouverneur.

3)Lumina Sophie : Elle faisait partie de ces pétroleuses qui incendièrent l’habitation. Elle fut également l’une des centaines de personnes arrêtées. Après avoir donné naissance à son fils en cellule, elle fut déportée au bagne de Guyane où elle sera mariée de force à un autre prisonnier. Brûler ! Je veux tout brûler criait cette jeune femme de 19 ans lorsqu’elle allait, enceinte, mettre le feu aux champs de cannes, voulant certainement attaquer les autorités postcoloniales par ce biais.

4)O.J.A.M. : Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique.

5)BUMIDOM : Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer

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